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Créatrice de mode spécialisée dans la confection de robes de mariée comoriennes

Dans chaque culture, le mariage est un moment sacré, chargé d’émotions, de symboles et d’identité. Aux Comores, il représente bien plus qu’une union : il est l’expression d’un héritage, d’un savoir-faire et d’une élégance transmise de génération en génération.

À travers cette interview, Almashawiri met en lumière une femme passionnée qui fait rayonner cet héritage au-delà des frontières. Installée à Paris, Aidat, fondatrice de la marque Maison AIDAT, réinvente les robes de mariée en créant un pont subtil entre les tissus traditionnels comoriens et les lignes contemporaines.

Entre racines, ambition et créativité, elle nous ouvre les portes de son univers et partage son parcours, ses inspirations et sa vision de la mode nuptiale comorienne d’aujourd’hui. Interview réalisée pour le journal Al-Mashawiri.

Al-Mashawiri-Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et lectrices (nom ou prénom, si vous le souhaitez) ?

Je suis Aidat, fondatrice de la marque Maison AIDAT, une marque spécialisée dans la confection de robes de mariée traditionnelles et de robes blanches.


Al-Mashawiri-Quelle est votre origine (village, île, pays) ?

Je suis originaire de la Grande Comore, plus précisément d’Ouellah Mitsamiouli.


Al-Mashawiri-Où exercez-vous actuellement votre activité de couturière ?

Je suis basée à Paris.


Al-Mashawiri- Depuis quand exercez-vous le métier de couturière ?

D’aussi loin que je me souvienne, je suis dans la couture depuis le collège.


Al-Mashawiri- Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans la couture, en particulier dans les robes de mariage comorien ?

Je suis née et j’ai grandi avec un papa tailleur. J’aimais beaucoup le regarder confectionner un vêtement de A à Z, et je pense que mon amour pour la couture est né de là.

J’ai décidé de me spécialiser dans les robes de mariée, car il y avait une forte demande sur ce marché et pas beaucoup de personnes qui répondaient à cette clientèle qui voulait honorer ses racines, tout en gardant une modernité dans les vêtements.


Al-Mashawiri-Avez-vous appris ce métier auprès d’un(e) maître(sse), en famille, ou de manière autodidacte ?

Les premiers enseignants que j’ai eus ont été YouTube et mon papa. Par la suite, j’ai poursuivi mon parcours scolaire avec un bac et un BTS mode pour finir avec une licence en stylisme et design, que je n’ai d’ailleurs pas souhaité terminer.


Al-Mashawiri-Comment décririez-vous une robe de mariage comorien à quelqu’un qui ne la connaît pas ?

Je ne fais pas de robe « de mariage comorien », du moins ce n’est pas quelque chose d’universel. Je mélange plutôt les 

tissus traditionnels comoriens avec des modèles modernes qui font un pont entre nos tissus traditionnels et la modernité de notre époque.


Al-Mashawiri-Quelles sont les particularités ou les éléments essentiels d’une robe de mariage comorien réussie ?

Je dirais celle qui correspond à la demande de la cliente, qui respecte ses attentes, ses valeurs et l’envie d’honorer ses traditions.


Al-Mashawiri-Combien de temps faut-il en moyenne pour réaliser une robe de mariage ?

Cela dépend du modèle, mais vu que nous sommes beaucoup demandés, il faut prévoir au moins 3 mois à l’avance.


Al-Mashawiri-Travaillez-vous seule ou en équipe ?

Au départ, je travaillais seule. Maintenant, nous sommes 2 et j’espère pouvoir agrandir l’équipe d’ici la fin de l’année. Al-Mashawiri-D’où viennent vos inspirations (traditions, clientes, modernité, autres cultures) ?

Mes inspirations viennent d’un peu partout : de ce que je vois, de mes origines, de là où j’ai grandi, de l’art. Une conversation, tout peut être une inspiration.


Al-Mashawiri-Selon vous, la mode du mariage comorien a-t-elle évolué ces dernières années ?

Bien sûr, on ne peut pas nier que la façon dont on célèbre le mariage maintenant est complètement différente d’il y a quelques années avec les réseaux sociaux. Rien n’est plus pareil. Après, je ne pense pas que cela soit quelque chose de mal, on évolue juste avec notre société. Mais il ne faut pas perdre nos coutumes non plus, parce que c’est ce qui fait notre beauté et notre différence est une force.


Al-Mashawiri-Comment arrivez-vous à concilier tradition et modernité dans vos créations ?

J’essaie toujours de chercher un équilibre, une harmonie, parce que je ne suis pas de ceux qui croient que les choses étaient mieux avant ou seront mieux après. Je 

pense juste qu’il faut trouver un juste milieu, une espèce de collaboration entre le passé et le présent.

Al-Mashawiri- Les jeunes mariées d’aujourd’hui ont-elles des attentes différentes de celles d’hier ? Bien sûr, je pense que maintenant les jeunes mariées ne veulent plus qu’on leur impose des modèles où elles ne se sentent

pas représentées, respectées. Elles ne veulent pas faire de compromis ou se brider pour plaire à qui que ce soit. Elles ont la possibilité et le choix de créer la robe qui leur ressemble.


Al-Mashawiri-Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans votre métier ?

Le manque de valorisation de nos métiers d’artisans dans la communauté comorienne, la difficulté à embaucher des personnes qui comprennent la vision de la marque.


Al-Mashawiri-Est-il facile de vivre de la couture aujourd’hui ?

Oui, quand on a une bonne gestion de l’argent. En tout cas, la demande est là.


Al-Mashawiri- Que faudrait-il améliorer pour mieux valoriser le travail des couturières comoriennes ?

Sensibiliser, éduquer à l’importance de ce domaine.


Al-Mashawiri-Quelle est votre plus grande fierté dans ce métier ?

Rendre les femmes heureuses et émues aux larmes grâce à mon travail. Je me dis que j’ai tout gagné.


Al-Mashawiri- Avez-vous déjà transmis votre savoir à des jeunes filles ou à des apprenties ?

Oui, j’ai été formatrice à la Maison de l’artisanat des Comores pendant un an.


Al-Mashawiri-Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme qui souhaite devenir couturière ?

Être passionnée par ce métier, y croire et ne jamais dévaloriser son savoir.


Al-Mashawiri- Comment avez-vous connu le journal Almashawiri ?

Par le biais de mon ami Issihaka Mohamed.


Al-Mashawiri-Que pensez-vous de l’initiative de ce journal pour valoriser les talents et les métiers locaux ?

C’est une bonne chose, c’est un moyen de laisser une trace de notre expérience sur terre et de continuer à faire connaître notre belle culture.


Al-Mashawiri-Avez-vous un message à adresser aux lecteurs et lectrices d’Almashawiri ?

J’espère que vous avez pris plaisir à me lire et que cela vous inspirera à être fiers de qui vous êtes et d’où vous venez.

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