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Entretien avec le Directeur de l'école communautaire Amani School de Diboini-Mbambani



Au cœur de Diboini et Mbambani, sur cette terre où l’éducation est la clé de l’avenir, se dresse un établissement pas comme les autres : Amani School. Fondée en 2013 par une jeunesse engagée, cette école incarne l’espoir et l’ambition d’un enseignement de qualité accessible à tous. Année après année, elle a su grandir, surmontant les défis pour devenir l’un des piliers de l’éducation dans la région de Hamanvou.

Mais derrière les murs de cette institution, derrière les tableaux noirs et les salles de classe, se cache un homme dévoué, un éducateur passionné qui a pris à cœur la mission de guider cette école vers un avenir meilleur. Saifillah Mlinde, actuel directeur d’Amani School, incarne cette volonté de bâtir une génération éclairée, armée de savoir et de valeurs solides.

Dans cet entretien, il nous ouvre les portes de son parcours, partage les défis et ambitions de l’école, et nous livre une vision inspirante de l’éducation.


Ainsi s’amorce la discussion:


 Al-Mashawiri– Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours avant de prendre la direction de cette école ?


Saifillah Mlinde –Je me prénomme Saifillah Mlinde. Avant de prendre la direction d'Amani School, j'ai obtenu une licence en sciences de l'éducation à Antananarivo, Madagascar. Après mon diplôme, j'ai enseigné pendant deux ans dans le même établissement sous la direction de M. Abdou Chakour Youssouf. J'ai également enseigné à l'école primaire publique de Diboini pendant trois ans. J'ai suivi plusieurs formations aux Comores, notamment sur l'Approche Par Compétences (APC), une méthode pédagogique moderne, ainsi que sur la gestion des catastrophes naturelles en milieu scolaire.


Al-Mashawiri– Depuis combien de temps êtes-vous à la tête de cet établissement ?


Saifillah Mlinde –J'ai été nommé directeur en octobre 2023. J'exerce donc cette fonction depuis environ un an et demi.


Al-Mashawiri–  Qu'est-ce qui vous a motivé à travailler dans le domaine de l'éducation ?


Saifillah Mlinde –L'éducation est, selon moi, le pilier de toute réussite. Contribuer à l'émancipation du pays passe avant tout par l'enseignement des valeurs sociales et morales aux jeunes. C'est cette conviction qui me motive.


Al-Mashawiri–  Pouvez-vous nous retracer brièvement l'histoire de l'école privée de Diboini et Mbambani ?


Saifillah Mlinde –Amani School a été créée en 2013 par un groupe de jeunes des deux localités. Depuis sa fondation, et malgré les défis rencontrés, l'établissement a connu un développement progressif. Il a commencé avec une seule classe de 6ème et aujourd'hui, il va jusqu'’à la terminale.


 Al-Mashawiri–Quelles ont été les grandes étapes de son évolution depuis sa création ?


Saifillah Mlinde –Le premier succès de l'établissement a été sa pérennité. Ensuite, il y a environ quatre ans (en 2021), nos élèves ont obtenu une mention au baccalauréat en série D. L'établissement progresse au niveau régional, et l'année dernière (2024), nous avons enregistré un taux de réussite de 60 % au baccalauréat.


 Al-Mashawiri–Combien d'élèves et d'enseignants compte l'établissement aujourd'hui ?


Saifillah Mlinde –Nous accueillons plus de 150 élèves et comptons 32 enseignants ainsi que 3 administrateurs, soit un total de 35 membres du personnel.


 Al-Mashawiri–Quels sont les principaux défis auxquels l'école est confrontée aujourd'hui ?


Saifillah Mlinde –Le principal défi est de favoriser le vivre-ensemble au sein d'un établissement communautaire réunissant deux localités proches. Nous rencontrons également des difficultés pour répondre aux besoins des enseignants à temps, en raison de la contribution limitée des apprenants et du manque de ressources locales. Enfin, les infrastructures ne répondent pas aux normes scolaires comoriennes.


 Al-Mashawiri–Comment gérez-vous les questions de financement et d'infrastructures ?


Saifillah Mlinde –Le financement est un défi constant. Nous faisons de notre mieux pour répondre aux attentes du personnel. Concernant les infrastructures, nous ne disposons toujours pas de nos propres bâtiments, ce qui complique la gestion et nous oblige à répartir les élèves entre les deux localités.


 Al-Mashawiri–Comment se situe le niveau des élèves par rapport aux standards nationaux ?


Saifillah Mlinde –Grâce aux efforts de nos enseignants dévoués, le niveau de nos élèves est compétitif. Il est même considéré comme moyen à bon par rapport à plusieurs établissements de la région.


 Al-Mashawiri–Rencontrez-vous des difficultés pour recruter et retenir des enseignants qualifiés ?


Saifillah Mlinde –Le recrutement peut être difficile, mais une fois embauchés, nous parvenons à créer des relations solides avec nos enseignants, ce qui les encourage à rester.


 Al-Mashawiri–Quel rôle jouent les parents dans le fonctionnement de l'école ?


Saifillah Mlinde –Les parents sont des partenaires essentiels. Ils contribuent financièrement, participent aux réunions et suivent la scolarité de leurs enfants. Pour renforcer leur engagement, nous avons mis en place un groupe WhatsApp pour faciliter la communication.


 Al-Mashawiri–Comment se déroulent les échanges avec les autorités éducatives et les institutions locales ?


Saifillah Mlinde –Nos échanges avec les autorités éducatives locales se déroulent de manière sereine.


Al-Mashawiri– Avez-vous des partenariats avec d'autres établissements ou organisations ?


Saifillah Mlinde –C'est l'un de nos objectifs. Pour l'instant, nous avons entamé des démarches, notamment avec le poste de santé de Diboini, mais nous n'avons pas encore conclu d'accords.


Al-Mashawiri– Quels sont vos projets pour améliorer la qualité de l'enseignement dans votre école ?


Saifillah Mlinde –Nous avons mis en place des concours de mathématiques et de français que nous souhaitons pérenniser. Nous organisons aussi des débats sur des thématiques importantes et espérons les améliorer.


Al-Mashawiri– Avez-vous des ambitions de développement, comme l'agrandissement, l'ouverture de nouvelles filières ou l'intégration du numérique ?


Saifillah Mlinde –Oui, nous aimerions remplacer les tableaux noirs par des vidéoprojecteurs et ouvrir une filière technique, comme l'agriculture, pour diversifier les opportunités de nos élèves.


Al-Mashawiri–  Quel message souhaitez-vous adresser aux élèves, aux parents et aux habitants des villages de Diboini et Mbambani ?


Saifillah Mlinde –Ensemble, tout est possible. Un enfant éduqué est une nation prospère ; un enfant ignorant est une bombe à retardement. Investissons dans l'éducation pour un avenir meilleur.


Propos recueillis par Issihaka Mohamed

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