Entretien avec M. Djelane MOHAMED ALI KARI
- Younoussa Hassani
- 1 déc. 2025
- 4 min de lecture

Dans un monde en pleine mutation, où les défis démocratiques et sociaux appellent à un engagement renouvelé, la jeunesse se révèle plus que jamais comme un acteur clé du changement. Parmi ces jeunes voix engagées, celle de M. Djelane Mohamed Ali Kari s’élève avec conviction. Invité par Madame Anna Rurka, ancienne présidente de la Conférence des OING du Conseil de l’Europe, il a participé à une importante rencontre tenue à Strasbourg, au sein même du Conseil de l’Europe.
Cette expérience, riche en échanges et en découvertes, a offert à ce jeune comorien l’occasion d’explorer les mécanismes européens de participation citoyenne et de dialogue intergénérationnel. À travers cet entretien, il revient sur les moments forts de cette rencontre, sur les leçons qu’il en tire, et sur sa vision d’une jeunesse comorienne plus active, consciente et connectée au monde. Propos recueillis par Mohamed Issihaka Al-Mashawiri : Monsieur Djelane, pouvez-vous nous dire dans quel cadre vous avez été invité à cette rencontre du Conseil de l’Europe à Strasbourg ?
M. Djelane : J’ai été invité à cette conférence par Madame Anna Rurka, ancienne présidente de la Conférence des OING du Conseil de l’Europe et vice-présidente du Comité européen d’action prioritaire à domicile pour l’enfant et la famille. Elle m’a proposé de rejoindre le groupe de jeunes qui participeront à cet événement.
Al-Mashawiri : Quelle a été votre première impression en découvrant cet environnement institutionnel européen ?
M. Djelane : J’ai été impressionné par la dimension symbolique et institutionnelle du Conseil de l’Europe, un espace où se croisent diplomates, experts et jeunes acteurs engagés. L’atmosphère reflétait un réel esprit de coopération et de dialogue autour des valeurs démocratiques et sociales communes à l’Europe.
Al-Mashawiri : Le thème central portait sur le rôle et l’engagement des jeunes dans les politiques publiques européennes. Quelles idées principales retenez-vous de cette rencontre ?
M. Djelane : L’idée principale que je retiens est que les jeunes constituent un levier essentiel pour consolider les valeurs démocratiques, sociales et environnementales de l’Europe. Les discussions ont insisté sur la nécessité de leur donner les moyens d’agir, notamment par la formation, la mobilité et la participation active aux consultations publiques.
Al-Mashawiri : Plusieurs intervenants ont insisté sur l’éducation, le dialogue intergénérationnel et l’accès des jeunes aux espaces décisionnels. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans ces échanges ?
M. Djelane : Ce qui m’a le plus marqué, c’est la convergence des points de vue sur le rôle de l’éducation et du dialogue intergénérationnel comme piliers de la cohésion sociale. Tous s’accordaient à dire que les jeunes doivent être acteurs, et non simples bénéficiaires, des politiques publiques.
Al-Mashawiri : L’ambassadeur de France, M. Pap Ndiaye, a parlé de la Charte sociale européenne révisée. Qu’avez-vous retenu de son intervention ?
M. Djelane : M.Pap Ndiaye a rappelé que la France est l’un des États moteurs dans la mise en œuvre de la Charte sociale européenne révisée, un instrument essentiel de la protection des droits sociaux. Il a mis en avant le rôle des institutions éducatives, des collectivités locales et des associations pour traduire ces principes dans la réalité, et a encouragé les jeunes à profiter des programmes et réseaux jeunesse du Conseil de l’Europe (stages, appels à projets, centres européens de jeunesse).
Al-Mashawiri : Selon vous, en quoi ce type de rencontre peut inspirer ou encourager les jeunes, nonseulement en Europe, mais aussi aux Comores ?
M. Djelane : Ce type de rencontre montre aux jeunes qu’ils peuvent faire entendre leur voix au sein des institutions internationales. Pour les jeunes comoriens, c’est une source d’inspiration : cela prouve que la participation et l’engagement civique peuvent être moteurs de changement, même dans des contextes locaux.
Al-Mashawiri : Pensez-vous que les jeunes comoriens pourraient s’impliquer davantage dans la vie publique s’ils avaient des dispositifs similaires à ceux évoqués à Strasbourg ?
M. Djelane : Oui, certainement. Si des programmes de mobilité, de formation et de consultation publique similaires étaient mis en place aux Comores, cela favoriserait une participation citoyenne plus active et encouragerait les jeunes à s’impliquer dans la vie publique et associative.
Al-Mashawiri : Qu’est-ce que cette expérience vous a personnellement apporté en tant qu’invité à cet événement de hautniveau ?
M. Djelane : Cette expérience m’a apporté une meilleure compréhension des mécanismes européens de participation démocratique et la conviction que la jeunesse doit être au cœur des politiques publiques. C’était aussi une occasion unique de renforcer monréseau et mavision internationale de l’engagement civique.
Al-Mashawiri : Avez-vous eu l’occasion d’échanger avec d’autres participants, notamment des représentants d’associations ou d’institutions européennes ?
M. Djelane : Oui, j’ai pu échanger avec plusieurs représentants d’associations européennes comme julien président d’EUROCEF. Ces dialogues ont été enrichissants et ont permis de partager des expériences et des bonnes pratiques sur la manière d’impliquer efficacement la jeunesse dans les décisions publiques.
Al-Mashawiri : Comment voyez-vous votre rôle, en tant que témoin de cette rencontre, pour partager cette expérience avec les jeunes de la diaspora comorienne ?
M. Djelane : Je me vois comme un passeur d’expérience, chargé de transmettre les valeurs de participation, de solidarité et de dialogue. Mon objectif est de sensibiliser la jeunesse comorienne de la diaspora à l’importance de s’engager dans la vie associative, culturelle et politique, tant en Europe qu’aux Comores.
Al-Mashawiri : Quelle leçon principale tirez-vous de cette rencontre sur la place de la jeunesse dans les politiques publiques ?
M. Djelane : La principale leçon est que la jeunesse informée, formée et engagée demeure une condition essentielle pour bâtir une société plus juste et solidaire. Les politiques publiques doivent être co-construites avec les jeunes.
Al-Mashawiri : Et enfin, quel message souhaiteriez-vous adresser à la jeunesse comorienne, en France ou aux Comores, à la lumière de ce que vous avez vécu à Strasbourg ?
M. Djelane : Je voudrais dire à la jeunesse comorienne : croyez en votre capacité à agir et à influencer positivement votre société. L’engagement, même local, peut avoir une portée internationale. La participation citoyenne est le premier pas vers le changement durable et la reconnaissance de vos talents



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