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Entretien avec Moustakim Mmadi, étudiant en kinésithérapie à Fès (Maroc)

À une époque où les métiers de la santé prennent une dimension essentielle dans nos sociétés, certains jeunes Comoriens font le choix de s’engager dans des voies à la fois techniques, humaines et profondément altruistes. C’est le cas de Moustakim Mmadi, originaire de Diboini Hamanvou, étudiant en kinésithérapie à l’ISPITS de Fès, au Maroc. À travers son mémoire de fin d’études, il a choisi d’explorer un domaine aussi sensible que méconnu : la kinésithérapie en soins palliatifs.

Dans cette interview, il revient sur son parcours, ses motivations, ses expériences cliniques et ses ambitions. Une parole sincère et touchante, à la croisée de la science, de l’engagement et du cœur.



Propos recueillis par Mohamed Issihaka

Al-Mashawiri: Pouvez-vous vous présenter ?


Je m'appelle Moustakim Mmadi, je suis originaire de Diboini Hamanvou, une localité de l’île de la Grande Comore. Actuellement, je poursuis des études en kinésithérapie.


Al-Mashawiri: Dans quel institut ou université poursuivez-vous vos études, et dans quelle ville ?


J'étudie à l’Institut Supérieur des Professions Infirmières et Techniques de Santé (ISPITS) de Fès, au Maroc.


Al-Mashawiri: Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours scolaire, jusqu’à votre entrée dans les études supérieures ?


J’ai effectué ma scolarité primaire à Diboini Hamanvou. Ensuite, j’ai continué le collège et le lycée jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat série D en 2022, au Groupe scolaire Avicenne de Bibavou Hamanvou. Après le bac, j’ai intégré l’ISPITS à Fès pour y suivre une formation de trois ans en kinésithérapie.


Al-Mashawiri: Pourquoi avez-vous choisi de travailler sur la kinésithérapie en soins palliatifs pour votre mémoire ?


J’ai choisi ce sujet parce qu’il reste peu exploré, et pourtant, il a toute sa place dans le parcours de soin des patients en fin de vie. Je voulais comprendre et mettre en valeur le rôle du kinésithérapeute dans ce contexte très humain et délicat.


Al-Mashawiri: Pourriez-vous expliquer simplement ce que sont les soins palliatifs ?


Les soins palliatifs sont des soins destinés à accompagner les personnes atteintes de maladies graves ou incurables, surtout en phase avancée. L’objectif n’est pas de guérir, mais de soulager la douleur, d’apporter du confort et d’accompagner le patient et ses proches jusqu’à la fin.


Al-Mashawiri:  Quelle place la kinésithérapie occupe-t-elle dans ce type de soins ?


Elle a un rôle complémentaire important. Elle permet, entre autres, de soulager la douleur, d’améliorer la respiration, de prévenir les complications liées à l’immobilité, de maintenir une certaine autonomie, et de créer un lien humain fort avec le patient.

Al-Mashawiri: Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans vos recherches ou lors de vos stages sur ce thème ?


La difficulté principale, c’est que le rôle du kinésithérapeute dans les soins palliatifs est encore mal connu. On réduit souvent notre métier à la rééducation, alors qu’en soins palliatifs, notre objectif est surtout d’apaiser, de soutenir et d’accompagner.


Al-Mashawiri: Y a-t-il un moment qui vous a particulièrement marqué pendant vos stages ?


Oui, j’ai été touché par la relation qui se crée entre le soignant et le patient, surtout quand les mots ne suffisent plus. Le simple fait de poser une main, de soulager une douleur, peut devenir un geste fort, porteur d’apaisement et d’humanité.


Al-Mashawiri: Comment votre mémoire a-t-il été accueilli par le jury ?

Mon mémoire a été bien accueilli. Les membres du jury ont apprécié le choix du sujet, sa pertinence et la sensibilité apportée à la réflexion. J’ai eu la mention Très Bien, ce qui m’a beaucoup encouragé.



Al-Mashawiri: Est-ce que les soins palliatifs sont bien développés aux Comores ?


Malheureusement non. Il n’existe pas encore de structures spécialisées ni de dispositifs réellement adaptés. C’est un domaine qui mérite d’être développé, pour accompagner dignement les personnes en fin de vie.


Al-Mashawiri: Que faudrait-il faire pour mieux intégrer la kinésithérapie dans les soins palliatifs ?


Il faudrait d’abord sensibiliser et former les soignants, les patients et leurs familles. Ensuite, intégrer les kinésithérapeutes dans les équipes pluridisciplinaires, avec des objectifs adaptés à la situation de fin de vie. Et enfin, développer la recherche dans ce domaine.


Al-Mashawiri: Quels sont vos projets professionnels dans les années à venir ?

Dans un premier temps, acquérir davantage d’expérience sur le terrain. Ensuite, je souhaite me spécialiser en neurologie, un domaine qui me passionne et qui demande beaucoup de rigueur et de patience.


Al-Mashawiri: Quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes de Diboini et aux lecteurs d’Almasha Wir ?


Je veux dire à mes frères et sœurs de Diboini et des Comores qu’il faut croire en soi, viser loin et ne pas se décourager. Même quand les moyens manquent, la volonté, la discipline et l’endurance peuvent ouvrir des portes. Que chacun garde la fierté de ses racines et contribue à l’élévation de notre village, avec cœur et sincérité.

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