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ENTRETIEN avec Younoussa Hassani : diplômé en génie logiciel et systèmes d’information de la Faculté des Sciences de Gabès, Tunisie

Dernière mise à jour : 24 août 2025

Younoussa Hassani est né à Diboini, aux Comores, au sein d’une famille modeste. Fils de deux cultivateurs, Hassani Athoumani et Zarianti Hamadi, il a grandi dans une maison simple, bercé par les valeurs du travail, de la foi et de la persévérance. Très jeune, il vivait surtout avec sa mère, qui lui répétait souvent de rester à la maison et de ne pas traîner dehors. Ce cadre protecteur l’éloignait un peu des autres, mais l’enracinait profondément dans une forme de calme intérieur.

Son père, profondément attaché à la religion, lui a transmis dès l’enfance un amour sincère pour la foi. Ce n’est ni un prédicateur, ni un professeur coranique, mais simplement un père comme tant d’autres. Pourtant, c’est lui qui lui a appris les premières prières, les premiers gestes de la spiritualité. Un héritage discret, mais profondément ancré, qui a marqué Younoussa pour toujours.


Calme et réservé, Younoussa avait du mal à passer du temps dehors pendant plusieurs heures. Il restait souvent chez lui, entouré de livres et de cahiers. Mais dans ce silence, il a trouvé une lumière inattendue : l’écriture. Un jour, presque naturellement, il a commencé à coucher sur le papier ses pensées, ses émotions, ses rêves. Ce qui n’arrivait pas à sortir par la voix, s’exprimait par la plume. Loin d’être un simple passe-temps, l’écriture est vite devenue un refuge, puis une passion. À travers ses mots, il a appris à mieux se connaître, à guérir, à grandir


Souvent, lors de sa première entrée à l’Université des Comores où il a commencé une formation en sciences de la vie et de la terre, il s’est rapidement intégré parmi les jeunes entrepreneurs du COMOR’LAB. C’est là qu’il a commencé à rencontrer de nombreuses personnalités importantes et hauts fonctionnaires. Très vite, il s’est fait remarquer et a été sélectionné pour le programme YALI 2020 organisé à l’America Corner. Ce programme américain, entièrement financé par l’ambassade des États-Unis, s’est déroulé aux Comores pendant trois jours consécutifs, avec une rémunération. Il était piloté par Monsieur Salim Ismael, le coordinateur de l’America Corner..


Ce parcours n’a jamais été facile. Il se souvient encore de ces longues marches pour rejoindre l’école Groupe Scolaire Avicenne, située à Bibavou. Chaque jour, il parcourait des dizaines de kilomètres à pied pour aller apprendre. Parfois seul, parfois accompagné, mais toujours animé par une seule idée : ne jamais abandonner. Ce chemin, il le faisait aussi pour ses parents, qui travaillaient dur aux champs, dans la chaleur, sous la pluie, pour qu’il ait une vie meilleure. Marcher, pour lui, c’était un hommage à leur sacrifice.

Après l'obtention de son baccalauréat en série D avec mention, dans l’établissement scolaire Avicenne fondé et dirigé par Monsieur Ali Mohamed Ali Kari  par ailleurs nommé Directeur de l’Enseignement Supérieur de l’Union des Comores.  Younoussa Hassani s’installa à Moroni avec le projet de poursuivre des études en biologie. Mais grâce au soutien de Monsieur Ali Mohamed Ali, engagé depuis toujours pour l’avenir des jeunes comoriens, il obtint une bourse d’études pour la Tunisie. Ce fut un tournant important : Younoussa changea de voie et s’orienta vers le génie informatique.



En Tunisie, loin de chez lui mais riche de tout ce qu’il porte, il ose rêver plus grand. Il publie son premier recueil de poésie chez L’Harmattan, à Paris. Une fierté immense. L’enfant discret, qui écrivait en cachette, voit maintenant ses mots imprimés, partagés, lus. C’est le début d’une belle aventure littéraire.

Aujourd’hui, Younoussa continue à écrire, à créer, à rêver. Il utilise son savoir en informatique pour contribuer au développement de son pays, tout en gardant la plume comme guide. Parce qu’il a compris une chose : même les voix les plus silencieuses peuvent porter loin, quand elles viennent du cœur.

À son installation en Tunisie, il est rapidement devenu de plus en plus actif.

Il a été nommé ambassadeur de plusieurs organisations internationales telles que IYC (International Youth Council), GYBN (Global Youth Biodiversity Network), ainsi que ENIG DEV, le club de l’École Nationale d’Ingénieurs de Gabès.


Écrivain, informaticien et ambassadeur engagé, Younoussa Hassani nous ouvre aujourd’hui les portes de son univers.



Propos recueillis par Mohamed Issihaka





Al-Mashawiri- Pourquoi avez-vous choisi ce thème pour votre projet de fin d’études ? 


Il faut savoir que dans le cadre des projets de fin d’études, les encadreurs proposent souvent des sujets en lien avec leurs domaines de recherche ou leurs projets professionnels. Les étudiants sont ensuite sélectionnés en fonction de leur profil et de leur capacité à mener à bien ces projets. 

Dans mon cas, j’ai été choisi par Dr Mohamed Belhassen, Maître Assistant à la Faculté des Sciences de Gabès, spécialiste en informatique, développement web/mobile et solutions basées sur l’intelligence artificielle. J’ai également effectué un stage de trois mois au sein de son entreprise, ce qui signifie que le projet que j’ai réalisé répond à la fois à un besoin réel de son entreprise et à une problématique concrète rencontrée dans les établissements universitaires. C’est donc à l’intersection de ces deux mondes académique et professionnel que mon projet a vu le jour. 


Al-Mashawiri- Quels problèmes concrets dans les établissements universitaires ce système cherche-t-il à résoudre ? 

 

Dans un monde où les établissements universitaires connaissent une croissance importante des infrastructures, des ressources matérielles et des inventaires, ils sont confrontés à un véritable défi en matière d’organisation, de planification et de suivi des équipements. 

C’est dans ce contexte que s’inscrit notre projet, qui vise à centraliser toutes les données liées aux ressources, tout en les rendant accessibles selon les rôles des utilisateurs (administrateurs, enseignants, techniciens, étudiants). 

 L’objectif est de renforcer la traçabilité, optimiser la gestion des ressources, réduire les pertes et faciliter la prise de décision au sein des départements. Le système répond donc à un besoin réel de digitalisation et de structuration des processus de gestion dans les universités. 


Al-Mashawiri- Quelles sont les principales fonctionnalités de votre système de gestion ? 

 

 Notre système se distingue par sa richesse fonctionnelle et sa robustesse. Il intègre un ensemble de fonctionnalités avancées qui répondent aux besoins réels des établissements universitaires en matière de gestion des ressources. 

Parmi ces fonctionnalités, on retrouve la gestion des utilisateurs selon leurs rôles (chef de département, enseignant, technicien, étudiant), l’enregistrement et le suivi des ressources telles que les ordinateurs, imprimantes ou mobiliers, ainsi que l’attribution automatique de numéros d’inventaire accompagnés de QR codes générés dynamiquement pour une meilleure traçabilité. 


Le système permet également la gestion des emprunts de matériel, via des formulaires de demande soumis à validation administrative, assurant ainsi un contrôle rigoureux des prêts. Il inclut en outre le suivi de l’état des ressources (neuf, utilisé, usé, hors service), la gestion des commandes, la définition de quotas annuels, et enfin la génération de rapports et de statistiques dynamiques pour faciliter l’analyse et la prise de décision. 

Ce large éventail de fonctionnalités permet d’optimiser la gestion interne, de réduire les pertes, et d’assurer une meilleure transparence au sein du département.


Al-Mashawiri-Avez-vous utilisé une architecture spécifique (client-serveur, cloud, etc.) ? Pourquoi ce choix ? 


Oui, j’ai utilisé une architecture client-serveur en cloud, avec Next.js en front-end et Back4App (Parse Server) pour le back-end. Ce choix permet de faciliter le déploiement, la scalabilité, et l’accès depuis n’importe quel appareil, sans nécessiter une installation locale dans les établissements. 

 

Al-Mashawiri-Quels langages de programmation et outils avez-vous utilisés pour implémenter le système ? 

 

 Pour développer ce système, j’ai opté pour un stack technologique moderne et performante. Le front-end a été réalisé avec Next.js, un framework basé sur React, qui permet de créer des interfaces dynamiques, rapides et bien structurées. J’ai utilisé à la fois JavaScript et TypeScript afin d’assurer une meilleure robustesse du code et faciliter la maintenance. Pour la gestion des données et du back-end, j’ai utilisé Back4App, une plateforme basée sur Parse Server, qui offre une grande flexibilité pour créer des classes de données, gérer les accès et exécuter des règles métier via Parse Cloud Code. L’authentification a été intégrée grâce à NextAuth.js, ce qui permet notamment une connexion sécurisée avec Google. Pour l’interface visuelle, j’ai utilisé Tailwind CSS, un framework de design qui facilite la création d’interfaces élégantes et réactives. Enfin, la génération des QR codes pour l’inventaire a été réalisée avec la bibliothèque QRCode.js, afin d’assurer un suivi numérique précis des équipements. 

 

Al-Mashawiri-Comment votre système gère-t-il l’accès et les droits des utilisateurs ? 

 

Chaque utilisateur a un rôle : administrateur, chef de département, enseignant, technicien ou étudiant. Les permissions sont contrôlées côté serveur avec Parse Roles, et renforcées avec des Cloud Functions pour éviter les accès non autorisés. Par exemple, seuls les chefs peuvent valider les demandes d’emprunt. 

 

Al-Mashawiri-Comment le système traite-t-il l’inventaire des matériels ? Y a-t-il une option de suivi des mouvements ? 

 

Avant tout, il est important de comprendre la notion d’inventaire. Il s’agit d’un processus structuré qui consiste à recenser, classifier et évaluer l’ensemble des ressources matérielles, des locaux et des consommables présents dans un établissement. Aujourd’hui, de nombreuses universités ne disposent pas encore d’un système informatisé pour cette tâche : elles utilisent des méthodes dispersées, souvent manuelles, basées sur des feuilles de calcul ou des documents papier, ce qui rend le suivi laborieux, inefficace et peu fiable. 


Dans ce contexte, j’ai conçu un système automatisé de gestion de l’inventaire. À travers l’interface d’administration, un responsable peut lancer une campagne d’inventaire, ce qui notifie tous les depaartements concernés. Chaque responsable de département accède alors à sa propre interface pour effectuer l’inventaire de ses ressources : matériel, mobilier, consommables, etc. Une fois leur saisie complétée, les données sont centralisées, et le directeur peut consulter ou télécharger un rapport global en temps réel. 

 Le système permet également le suivi des mouvements de matériel : lorsqu’un équipement est emprunté, transféré ou restitué, toutes les actions sont enregistrées avec les détails (date, utilisateur, validation). L’usage des QR codes facilite grandement l’identification rapide des équipements lors des contrôles. Cela garantit une traçabilité complète, une meilleure organisation et une gestion proactive des ressources. 


Al-Mashawiri-Votre système permet-il une visualisation en temps réel de l’occupation des locaux ? 

 

Oui, le système offre une vue centralisée et dynamique de l’occupation des locaux. Chaque mouvement qu’il s’agisse d’un changement d’affectation, d’un prêt de salle, ou d’un déplacement de ressource dans un local est immédiatement enregistré et mis à jour dans la base de données. Cela permet aux administrateurs de suivre en temps réel l’état et l’utilisation de chaque espace. 

 Aucun mouvement n’est perdu : même les équipements présents dans chaque salle sont suivis et rattachés au local concerné, ce qui offre une traçabilité complète du matériel et des lieux. Cette approche garantit une gestion efficace des espaces, facilite la planification logistique, et permet une meilleure coordination entre les départements. 

 

Al-Mashawiri-Avez-vous pensé à l’intégration avec des systèmes existants dans les universités ? 

 

Oui, l’idée est de garder une architecture modulaire et interopérable,avec des APIs REST qui permettraient de synchroniser avec des systèmes existants (ex: Moodle, systèmes de scolarité). 


Al-Mashawiri-Quelles mesures avez-vous prises en termes de sécurité des données ? 


En ce qui concerne la sécurité des données, le système a été conçu avec une approche rigoureuse pour garantir la confidentialité, l’intégrité et la protection des informations. L’authentification des utilisateurs est gérée de manière sécurisée grâce à NextAuth.js, permettant notamment une connexion via Google avec des jetons cryptés. L’accès aux données est strictement contrôlé à l’aide des rôles et permissions définis dans Parse Server, ce qui signifie que chaque utilisateur n’a accès qu’aux données qui correspondent à son profil et à ses droits. Les données sensibles sont clairement séparées des données publiques, afin d’éviter toute fuite ou mauvaise manipulation. Par ailleurs, toutes les communications passent par le protocole HTTPS, garantissant un chiffrement des échanges entre le client et le serveur. Des validations sont également effectuées côté serveur pour éviter les tentatives d’injection ou d’accès non autorisé, assurant ainsi une protection maximale du système contre les failles courantes. 


Al-Mashawiri-Quels ont été les plus grands défis lors de la conception ou de l’implémentation ? 


Lorsqu’on reçoit un projet de fin d’études, il arrive souvent que l’on doive travailler avec des langages de programmation ou des technologies que l’on n’a pas encore étudiés. Certains étudiants ont la chance d’obtenir des outils qu’ils maîtrisent déjà, mais dans mon cas, mon encadreur m’a confié un langage à maîtriser en seulement une semaine. Comme on peut l’imaginer, assimiler rapidement une nouvelle technologie, surtout dans un domaine aussi dynamique que l’informatique où tout évolue constamment, n’a pas été une tâche facile. Ce fut un réel défi de m’adapter rapidement et efficacement. Par ailleurs, la gestion des rôles utilisateurs avec des permissions complexes a représenté un autre défi majeur, car chaque profil devait disposer de droits spécifiques. J’ai également dû trouver un équilibre pour intégrer la gestion des QR codes et des inventaires dynamiques sans alourdir le système. Enfin, l’intégration avec Parse Server a demandé un temps d’adaptation pour bien implémenter les règles métiers via le Cloud Code, ce qui a été une expérience très formatrice. 


Al-Mashawiri-Comment avez-vous testé votre système ? A-t-il été expérimenté dans une université ? 

 

Le système a été testé en simulation avec des jeux de données réels inspirés de mon département. J’ai aussi organisé des démonstrations à des enseignants pour recueillir des retours. Une intégragration pilote est en discussion dans le département. 

 

Al-Mashawiri-Quelles améliorations pourraient être apportées à l’avenir ? 


Parmi les pistes d’amélioration envisagées pour le système, plusieurs fonctionnalités pourraient être intégrées afin d’enrichir son utilité et sa performance. On pourrait notamment prévoir une intégration avec les systèmes de réservation de salles, permettant une gestion plus fluide des espaces utilisés par les étudiants et le personnel. L’ajout de notifications par e-mail ou SMS renforcerait la communication et le suivi des demandes ou des emprunts. Une interface mobile faciliterait l’accès au système en déplacement, augmentant ainsi son adoption. Un tableau de bord analytique offrirait à la direction une vision claire et synthétique des ressources et de leur utilisation. De plus, l’introduction de l’intelligence artificielle pourrait permettre de prédire l’usure du matériel et ainsi anticiper les besoins de remplacement. Enfin, il serait possible d’étendre le système avec la gestion de la vente des ressources que l’université souhaite proposer aux étudiants, la gestion de la bibliothèque, ainsi que la gestion des projets de fin d’études et des demandes de bulletins, offrant ainsi une solution complète adaptée aux besoins institutionnels. 


Al-Mashawiri-Selon vous, quelles universités ou institutions tunisiennes ou comoriennes pourraient bénéficier de votre solution ? 

 

Toutes les facultés publiques tunisiennes, en particulier les ISET et les écoles d’ingénieurs, pourraient largement bénéficier de ce système. Du côté des Comores, l’Université des Comores, les IFERE ainsi que les centres de formation technique y trouveraient également un outil précieux. Plus spécifiquement, l’École de Santé des Comores pourrait tirer un avantage significatif, car le système est conçu pour gérer efficacement les laboratoires et accompagner les chercheurs dans le suivi de leurs équipements et ressources. 


Al-Mashawiri- Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaite concevoir un projet similaire ? 

Commencez par comprendre les besoins réels du terrain. Ne vous lancez pas directement dans le code. Faites des maquettes, testez les idées, et n’hésitez pas à vous inspirer de solutions existantes tout en apportant votre touche.

Et surtout, gardez toujours l’utilisateur final au cœur de votre réflexion. 


Al-Mashawiri- Comment votre parcours à Diboini et votre culture comorienne ont-ils influencé votre travail et vos choix d’étude ? 


Il fut un temps où je parcourais de longues distances à pied pour aller à l’école Avicenne, marchant souvent depuis Diboini jusqu’à Bibavou, parfois avec un peu de chance en voiture, mais le plus souvent à pied. Je suis né de parents agriculteurs qui m’ont élevé grâce aux fruits de leur travail bananes, manioc et vanille. Cette culture de la terre, cette résilience exemplaire de mes parents qui n’attendaient rien d’autre que ma réussite, est pour moi une boussole inébranlable dans ma vie. C’est à partir de ce vécu, de ce modèle de persévérance, que s’est éveillée en moi l’imagination et le désir profond de partir, avec l’espoir qu’un jour je pourrai leur rendre hommage et leur gratitude à travers mes réussites. 


Al-Mashawiri- Est-ce que vous avez pensé à adapter ce système aux réalités spécifiques des universités comoriennes ? 

Non, je n’ai pas directement adapté ce système aux réalités spécifiques des universités comoriennes, car ce produit ne m’appartient pas. Dès que ma soutenance a été réalisée, le système a été récupéré immédiatement par l’entreprise qui le possède, compte tenu de son utilité. D’ailleurs, plusieurs institutions comoriennes m’ont proposé de développer un système similaire, mais la gestion et l’évolution de ce projet restent sous la responsabilité exclusive de l’entreprise. Néanmoins, je reste ouvert à l’idée de participer à des adaptations futures, selon les besoins qui pourraient se présenter. 


Al-Mashawiri-Quels liens faites-vous entre vos engagements culturels (comme Al Mashawiri) et vos compétences en informatique ? 


En tant que jeune écrivain et ambassadeur de plusieurs organisations internationales telles que YALI, GYBN ou IYC, j’ai toujours nourri une réflexion personnelle sur la manière de relier leadership, écriture et technologie. Contribuer au journal Al-Mashawiri est pour moi un véritable honneur, car cela me permet de valoriser notre culture locale tout en y apportant une touche moderne et structurée grâce à mes compétences numériques. Je crois profondément que chacun d’entre nous est une valeur ajoutée pour sa communauté, et que nous avons tous une pierre à poser dans la construction de notre village. C’est cette vision qui 


guide mon engagement : utiliser mes savoirs en informatique pour préserver, diffuser et moderniser notre identité culturelle, tout en inspirant les générations futures. 

 

Al-Mashawiri- Que représente pour vous le fait de soutenir ce projet en tant que natif de Diboini ? 


C’est une fierté immense. Cela montre que même venant d’un petit village, avec de la foi, de la persévérance et de l’ambition, on peut développer des solutions qui ont un impact concret. Je veux que les jeunes de Diboini sachent que c’est possible. 


Al-Mashawiri- Quels sont vos projets futurs après cette soutenance ? Envisagez-vous un retour ou une collaboration avec les Comores ? 


Oui, mon objectif est clair : revenir ou collaborer activement avec les Comores. Je souhaite mettre mes compétences au service de la digitalisation des établissements, notamment dans le domaine de l’éducation, en contribuant à moderniser les outils de gestion et d’apprentissage. Mon ambition est aussi de créer une startup technologique orientée vers les besoins locaux, et de former une nouvelle génération d’ingénieurs engagés, capables d’innover tout en restant ancrés dans leur réalité.

En parallèle de mes études et engagements, je développe actuellement un projet de construction d’un petit robot intelligent, conçu pour faciliter la vie quotidienne des personnes en situation de handicap et des plus vulnérables. Ce projet me tient particulièrement à cœur, car je suis convaincu que la technologie doit avant tout être un levier d’inclusion, de dignité et de solidarité. À travers cette initiative, j’espère apporter une contribution concrète à une société plus juste et accessible à tous.

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