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Géologie générale du plateau de Diboini par l'expert en géologie Hamza Hassani.

Par Hamza Hassani,  ingénieur  géologue pétrolier explorateur des profondeurs terrestres et passionné par les mystères de notre planète.

Localisation

 Le plateau de Diboini est situé à l’est du village de Diboini, dans la région de Hamanvou, et au sud de la région d'Oichili, à la limite du massif du Karthala et celui de la Grille.


Géomorphologie et géologie de plateau de Diboini et pouzzolane

Le plateau de Diboini présente une grande importance géomorphologique au sein du massif de la Grille. Il est caractérisé par une topographie en selle à environ 450 mètres d'altitude, située à l'extrémité sud du massif, une région connue pour son activité volcanique.


Par rapport au mont Karthala, l'activité volcanique de la Grille est plus ancienne (Bachelèry, 1993) et considérée comme plus explosive, comme en témoigne la densité et la taille des cônes de scories qui la recouvrent. Le paysage est également marqué par de vastes couches de lapilli scoriacés (Pavlovsky et De Saint Ours, 1953).


L'organisation spatiale de ces cônes de scories, ainsi que l'orientation de leurs bouches éruptives, suggèrent l'existence de zones de faiblesse ou de failles. Ces cônes définissent deux axes principaux, correspondant probablement à des zones d'alimentation distinctes, rappelant les zones de rift. Un axe traverse le massif dans une direction globalement nord-sud, tandis que l'autre est parallèle aux deux principaux axes du Karthala, orientés à N145 (F. Desgrolard, 1996).


Le point culminant du plateau atteint une altitude de 1 104 mètres et est recouvert par une forêt d'une superficie d’environ 8 km² (Pavlovsky et De Saint Ours, 1953). Le plateau présente également une caldera formée par l'effondrement de plusieurs cratères volcaniques. Ces cratères ne montrent actuellement aucune activité éruptive ni fumerolienne.


Deux échantillons de bois carbonisé prélevés à la base du grand cône de Sangani ont été datés par la méthode du carbone 14 (14C)  donnant des âges de 1 300±65 ans et 740±130 ans, apportant des informations précieuses sur l'histoire géologique de la région (F. Desgrolard, 1996).


La distribution des fissures éruptives sur l'édifice volcanique et la présence fréquente d'enclaves de péridotite dans les laves suggèrent un approfondissement de la zone de stockage magmatique sous le plateau, avec des implications importantes pour la géomorphologie de la région (F. Desgrolard, 1996).

 Figure 1: formation du caldera par effondrements de plusieurs cratères
 Figure 1: formation du caldera par effondrements de plusieurs cratères
Figure 2: présence de plusieurs cônes volcaniques
Figure 2: présence de plusieurs cônes volcaniques

Les types de volcanisme identifiés dans le plateau de Diboini

Volcanisme strombolien : Présence de nombreux cônes de scories et formation de lapilli et de bombes volcaniques. Deux catégories de projectiles ont été observées :

  • Des projections grossières (scories, bombes et lapilli), principalement sur le flanc sud et le sommet du cône de Gozibi.

  • Des projections pozzolaniques plus fines visibles principalement au cône de Sangani dans la partie nord du plateau.


Volcanisme hawaïen : Présence de coulées de lave de type aa, visibles entre les grottes "Panga la Maandi" et "Panga la Madji", bien que largement recouvertes par la végétation.



Figure 3: pouzzolane dans la cône de Sangani
Figure 3: pouzzolane dans la cône de Sangani

Figure 4: présence des formations de lapillis
Figure 4: présence des formations de lapillis

Figure 5: présence des coulées de la de type "aa”
Figure 5: présence des coulées de la de type "aa”

Les types de faciès présents

La zone d'étude comprend diverses formations basaltiques :

  • Faciès basaltiques formant des dalles localement appelées "tsaho", résultant de la consolidation des croûtes superficielles constamment brisées et transportées lors des mouvements de lave (F. Desgrolard, 1996).

  • Faciès basaltiques avec bombes volcaniques et lapilli, prédominants sur le flanc sud du cône de Gozibi.

  • Faciès basaltiques massifs résultant des éruptions magmatiques, certaines zones présentant une teinte rougeâtre due à l'oxydation du fer.

  • Faciès basaltiques subaphyriques et vésiculaires, indiquant des éruptions phréatomagmatiques, suggérant des interactions entre le magma d'origine mantellique et l'eau.

Les deux derniers faciès résultent d'une superposition de formations d'éruptions magmatiques et phréatomagmatiques.


Géologie structurale

L'existence de galeries ou tunnels de lave suggère des coulées de lave de type pahoehoe. Le sol fragile émet des sons similaires à des coups de tonnerre, indiquant la présence de nombreux tunnels de lave internes. La grotte "Panga la Maandi" résulte du refroidissement de la lave au contact de l'air extérieur, tandis que "Panga la Madji" s'est formée par l'effondrement de roches suite à l'accumulation de lave et de dépôts de cendres, et à l’érosion par le vent et l’eau.


Hydrogéologie

La zone d'étude a subi une éruption phréatomagmatique, typiquement lorsque l'eau souterraine entre en contact avec le magma, formant un cratère au sein du plateau de Diboini. Ces éruptions sont marquées par des explosions violentes dues à la vaporisation rapide de l'eau. Le cratère peut agir comme une structure concave capable de collecter et de retenir l'eau de pluie, avec la possibilité d'être réapprovisionné par les eaux souterraines, les précipitations ou d'autres sources.

Le plateau de Diboini se trouve dans une région à forte pluviosité (Pavlovsky et De Saint Ours, 1953). Les formations géologiques de la Grande Comore présentent généralement une grande perméabilité, avec des coefficients égaux ou supérieurs à 30 %, qu'il s'agisse des coulées de cônes de scories ou des couches de pouzzolane (Pavlovsky et De Saint Ours, 1953). Le basalte compact formant les zones profondes des coulées de la Grande Comore est relativement perméable en raison des fissures, permettant une infiltration importante de l'eau.

Les observations des sources d'eau dans la zone d'étude, associées à l'absence apparente d'un lac de surface dans le cratère, suggèrent fortement la présence d'une nappe phréatique potentiellement pleine sous le plateau de Diboini. Bien que cela indique une possible potabilité de l'eau, des analyses complémentaires approfondies sont essentielles pour confirmer sa conformité à la consommation. En conséquence, une étude hydrogéologique approfondie est recommandée pour valider cette hypothèse.


 Figure 7: Panga la Maandi                                                                         Figure 6: Panga la Madji
 Figure 7: Panga la Maandi Figure 6: Panga la Madji

La zone d'étude contient plusieurs failles généralement orientées est-ouest, la plaçant dans la zone de rift régionale (Bachelèry, 1993). L'érosion a également formé des fractures dans les roches. La pozzolane au cône de Sangani est considérée comme fraîche, ne présentant pas d'altération significative et exhibant une teinte sombre, ce qui la rend appropriée pour la construction, la production de ciment et les applications géotechniques.


Références

  • Pavlovsky R. et J. de Saint-Ours, 1953, Étude Géologique de l’Archipel des Comores. Service Géologique, Tananarive, Madagascar.

  • PARS KANI, 2009, Economical Geology of Comoros.

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