Interview avec Hamdi Ibrahima, futur kinésithérapeute diplômé : un parcours inspirant entre passion et ambition
- Younoussa Hassani
- 6 juil. 2025
- 3 min de lecture

Dans un monde où les jeunes sont parfois en quête de repères, certains parcours viennent nous rappeler que la détermination, la passion et le sens du devoir peuvent tracer des chemins lumineux. C’est le cas de Hamdi Ibrahima, originaire de Diboini Hamanvou, qui s’apprête à devenir kinésithérapeute diplômé après trois années d’études au Maroc. Son engagement dans une filière encore peu développée aux Comores témoigne d’une volonté forte : celle d’apporter un souffle nouveau à son pays à travers les soins, l’humanité et le savoir-faire médical.
À travers cette interview exclusive, il partage avec nous son chemin, ses défis, ses réussites, mais aussi ses rêves pour l’avenir. Une rencontre inspirante avec un jeune homme dont le parcours force le respect.
Propos recueillis par Mohamed Issihaka
Al-Mashawiri: Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je m'appelle Hamdi Ibrahima, je viens de Diboini Hamanvou. J'ai obtenu mon baccalauréat en 2022, puis j'ai poursuivi mes études supérieures au Maroc, à l’Institut Supérieur des Professions Infirmières et Techniques de Santé (ISPITS) de Fès.
Al-Mashawiri: Pourquoi avez-vous choisi d’étudier la kinésithérapie ?
J’ai choisi la kinésithérapie parce que je souhaite venir en aide aux personnes qui vivent avec un déficit physique ou un handicap, afin de les accompagner dans leur récupération ou de les aider à s’adapter et à vivre en toute autonomie. C’est un domaine encore peu développé aux Comores, et c’est aussi cela qui m’a motivé à suivre cette formation. Je veux pouvoir, un jour, contribuer à son implantation et à sa valorisation dans notre pays.
Al-Mashawiri: Pouvez-vous nous parler de votre soutenance ? Quand a-t-elle eu lieu et quel en était le sujet ?
Ma soutenance a eu lieu le 18 juin 2025 à 13h30, à l’ISPITS de Fès. Le thème de mon mémoire était :
« La place de la kinésithérapie dans le service des soins palliatifs de l'hôpital Al Ghassani de Fès ».
Ce travail nous a permis de réfléchir à l’importance du rôle du kinésithérapeute dans l’accompagnement des patients en fin de vie, pour soulager leurs douleurs et améliorer leur confort.
Al-Mashawiri: Comment s’est déroulée votre formation ?
Ma formation s’est très bien déroulée, Alhamdulillah, durant ces trois années riches en expériences. Nous avons étudié l’anatomie (la structure du corps humain), les principales pathologies comme l’AVC, la cyphose (yidjongo), la gonarthrose (douleur au genou), les fractures et les troubles musculaires.
Nous avons aussi appris les techniques de massage et effectué des stages pratiques dans différents services hospitaliers comme la rhumatologie, la neurologie ou encore la pneumologie, afin d’appliquer ce que nous avions appris.
Al-Mashawiri: Quelles difficultés avez-vous rencontrées pendant vos études ?
J’ai rencontré des difficultés classiques pour un étudiant à l’étranger : la barrière linguistique, des problèmes financiers, le manque de la famille, et l’adaptation à une nouvelle culture. Mais ces obstacles m’ont appris à être patient, à me battre pour mes objectifs, et à rester motivé.
Al-Mashawiri: Quels ont été les moments les plus marquants de votre parcours ?
Plusieurs moments m’ont marqué positivement. Par exemple, le jour où j’ai compris le fonctionnement global du
corps humain, c’était fascinant. Aussi, chaque fois qu’on examine un patient et qu’on constate une amélioration, c’est très motivant. Enfin, je retiens aussi les belles rencontres humaines : ce ne sont pas seulement des études, ce sont aussi des liens forts qu’on tisse avec les autres.
Al-Mashawiri: Comment s’est passée votre soutenance ?
Tout s’est merveilleusement bien passé. Le jury a trouvé notre travail pertinent, et nous a attribué une mention très bien. Je tiens à remercier notre encadrant, qui nous a inspiré ce thème, et tous mes camarades, pour l’ambiance chaleureuse qu’ils ont créée ce jour-là. Je suis profondément reconnaissant envers chacun d’eux.
Al-Mashawiri: Avez-vous prévu de rentrer aux Comores prochainement ?
Pour l’instant, un retour aux Comores n’est pas prévu immédiatement. Je souhaite approfondir mes connaissances, me spécialiser davantage et acquérir plus d’expérience. Le chemin est encore long. Cela dit, m’installer au Maroc ou ailleurs n’est pas exclu, car je suis aussi curieux de découvrir d’autres environnements et de poursuivre mes études.
Al-Mashawiri: Quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse comorienne ?
Mon message à la jeunesse comorienne, c’est qu’il est temps de se réveiller. Nous avons le pouvoir de changer notre pays, de le rendre plus beau et plus juste. On ne peut pas attendre éternellement que les autres le fassent à notre place. Dans de nombreux pays, c’est la jeunesse qui mène le changement. Alors soyons éveillés, actifs et solidaires.
Al-Mashawiri: Et un mot pour la population de Diboini ?
Je n’ai qu’un seul message pour la population de Diboini : misons sur l’éducation. Sans elle, nous resterons au sol, car même aujourd’hui, la terre a besoin d’éducation pour être cultivée. Je tiens aussi à remercier toutes les personnes qui œuvrent pour nous informer, pour nous connecter aux nouvelles du village, et pour faire vivre Almasha Wir. Merci du fond du cœur pour ce travail précieux.



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