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Interview de Kamar-Eddine Ben Abdallah

Directeur de l’Agence Comorienne pour la Promotion Culturelle, comédien  et conteur Réalisée par Mohamed Issihaka

À propos de la conférence de M. Idriss Mohamed Chanfi, tenue à Marseille le 18 octobre 2025. Al-Mashawiri : Pouvez-vous nous présenter l’origine de l’Agence Comorienne pour la Promotion Culturelle ?

L’Agence comorienne pour la promotion culturelle est une initiative qui remonte à plusieurs années. Avec mon collègue Mohamed Issihaka, aujourd’hui coordinateur de l’Agence, nous avons toujours voulu assumer pleinement notre rôle en tant que professionnels de l’animation culturelle.


Après de nombreux échanges, nous avons décidé de structurer notre engagement et de lancer plusieurs actions concrètes. L’organisation de cette conférence constitue ainsi la première pierre de l’Agence.


Notre passage à l’action a été facilité par une opportunité majeure : la sortie du livre Maore : sortir de l’impasse, écrit par une figure importante de la société civile, M. Idriss Mohamed Chanfi, et publié aux éditions Le Cœlacanthe. Cette maison d’édition de référence, fondée par le Dr Mahmoud Ibrahim, représente admirablement la communauté comorienne. Une relation de confiance et d’amitié s’est alors installée, et avec Mohamed Issihaka, nous avons vu dans cet événement l’occasion idéale pour lancer officiellement notre démarche.


l-Mashawiri : Pourquoi avoir choisi Marseille ?

Marseille s’est imposée naturellement. C’est l’un des plus grands foyers de la communauté comorienne en France, une ville qui me ressemble et qui m’a beaucoup porté.


L’idée est née après une première conférence organisée à Paris. Je me suis dit avec mon collègue : « Pourquoi pas Marseille ? » J’ai donc pris l’initiative de porter ce projet, entouré d’amis et de partenaires qui m’ont apporté leur soutien.


Al-Mashawiri :  Comment est née l’organisation de cet événement ?

L’organisation est née dans la difficulté, comme beaucoup de débuts. Nous n’avions pas de budget, et même trouver un créneau pour programmer la conférence a été un vrai combat. Nous avions la peur au ventre, mais grâce à Dieu, nous avons tenu bon et répondu présents, alhamdulillah.


Al-Mashawiri : Quels ont été les principaux défis lors de la préparation ?

Trouver un lieu adapté, mobiliser le public et organiser le programme dans un délai limité ont été nos principaux défis. Mais avec l’aide de nos partenaires et la motivation de notre équipe, tout s’est finalement déroulé comme prévu.


Al-Mashawiri : Comment avez-vous défini le programme de la conférence ?

Nous avons travaillé pour équilibrer les interventions et les échanges avec le public. L’idée était de créer un moment interactif et riche en contenu, tout en mettant en valeur l’auteur et son œuvre.


Al-Mashawiri : Au final, comment évaluez-vous la conférence ?

Dans l’ensemble, c’est un succès. Les retours ont été très positifs. Le conférencier a mis en avant la qualité de notre organisation : un lieu accueillant, un public élégant et surtout une grande mobilisation des femmes. Pour une première, c’était une réussite qui nous donne de l’élan.


Al-Mashawiri : Comment décririez-vous le public ce jour-là ?

Le public était sage, attentif et très à l’écoute. Le sujet était sensible, souvent mal compris ou déformé, et les gens avaient besoin de clarté. Nous avons ressenti une vraie soif de compréhension. Les Marseillais présents ont montré de l’enthousiasme et de la curiosité. Nous sommes sortis de la salle heureux et mieux informés.


Al-Mashawiri : Quel a été le niveau de participation ?

Nous avons eu la chance d’accueillir un public très divers : femmes, hommes, enfants… un véritable signe d’espoir pour l’avenir de la diaspora. La salle s’est remplie progressivement et, à la fin, elle était quasiment pleine. Pour un lancement, c’était très encourageant. Marseille n’a pas offert une foule immense, mais une présence sincère — et cela compte énormément. Nous croyons en ce projet.


Al-Mashawiri : Un mot sur le conférencier Idriss Mohamed Chanfi ?

Que dire ? C’est un grand monsieur. Respect à lui. C’est un patriote infatigable, un optimiste rare. Son engagement est sincère, profond, et cela se ressent à chaque intervention. Nous avons vécu un moment intense, enrichissant, presque hors du temps.


Al-Mashawiri : Comment le public a-t-il réagi aux échanges avec le conférencier ?

Le public a été très réceptif, posant des questions pertinentes et manifestant un intérêt réel pour le sujet. Il y a eu un vrai dialogue et un partage constructif.


Al-Mashawiri : Comment avez-vous perçu la mobilisation des femmes lors de l’événement ?

La mobilisation des femmes a été remarquable. Elles ont été actives et attentives, participant pleinement aux échanges. Cela montre l’importance de leur rôle dans la transmission culturelle et le soutien aux initiatives comoriennes.


Al-Mashawiri : Quels enseignements tirez-vous de cette première expérience ?

Nous avons appris l’importance de la préparation minutieuse et de la mobilisation collective. Même avec peu de moyens, la passion et l’engagement font la différence.


Al-Mashawiri :Quelle importance accordez-vous à la culture dans la diaspora comorienne ?

La culture est un lien fondamental. Elle permet de préserver notre identité, de transmettre nos valeurs et d’unir la communauté, ici comme ailleurs.


Al-Mashawiri : Quel bilan tirez-vous de cet événement culturel ?

Le bilan est extrêmement positif. J’ai senti que ce projet avait véritablement sa place et sa raison d’être. Il apporte un plus, un renforcement, et s’inscrit dans la continuité du travail mené par plusieurs associations marseillaises, notamment comoriennes.


Aujourd’hui, notre Agence Comorienne pour la Promotion Culturelle a réussi à créer un espace où Marseillaises et Marseillais se retrouvent pour échanger exclusivement autour de la culture. C’est un premier pas majeur parmi nos objectifs, atteint avec succès.


En tant que directeur et initiateur du projet, j’ai observé une dynamique très encourageante : nous avons rassemblé notre communauté, nos amis, nos partenaires et plusieurs associations dans un cadre nouveau, différent de nos habitudes. Les retours sont très positifs et les remerciements continuent d’arriver chaque jour. Nous pouvons donc parler d’un bilan largement positif.


Al-Mashawiri : Quelles ont été les réactions des partenaires et associations locales ?

Ils ont été enthousiastes et ont exprimé leur soutien pour les initiatives futures. Leur participation active est un signal fort de confiance et de collaboration.


Al-Mashawiri : Quels projets complémentaires envisagez-vous ?

Plusieurs initiatives existent déjà au sein de notre agence :

ateliers de théâtre,

initiation aux danses culturelles,

programme « Une nuit, un conte chez toi »,

sketches et contenus numériques,

et d’autres projets actuellement en préparation.


Al-Mashawiri : Quelles sont les prochaines étapes de votre projet ?

Nous souhaitons poursuivre la dynamique en invitant d’autres figures emblématiques de la société comorienne. 

L’un de nos objectifs est de remettre en lumière nos auteurs et de redonner toute son importance à la lecture de leurs œuvres.


Nous travaillons également à élargir notre projet, toujours en cohérence avec la politique culturelle de notre pays, afin qu’il rayonne en Europe et, à terme, à l’international, avec Marseille comme point de départ.


Al-Mashawiri : Souhaitez-vous poursuivre ce travail sur le long terme ?

Absolument. C’est plus qu’un engagement : c’est ma vie, ma profession, mon souffle. Vivre et soutenir la culture est une mission qui me définit. 

Pour moi, la culture est une histoire sans fin. Les projets sont là ; il ne manque que du temps. Dans la culture, je ne m’ennuie jamais.


Al-Mashawiri : Comment évaluez-vous l’impact de cette conférence sur la communauté locale ?

L’impact a été très positif : les participants sont repartis enrichis et motivés à s’impliquer davantage. La communauté a pu ressentir l’importance de la culture comme vecteur de lien et de cohésion.

Le public était responsable et attentif, et le conférencier très objectif, fidèle à ses convictions.


En tant qu’animateur culturel et directeur de l’Agence, ce rôle m’a confirmé que nous devons continuer à proposer à notre communauté des activités culturelles de cette qualité, et soutenir 

nos artistes, nos auteurs et nos talents afin qu’ils puissent vivre de leur travail.


La promotion culturelle de notre pays est essentielle, et nous avons le devoir de la défendre sans relâche.

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