L’HISTOIRE DE DIBOINI ITSANDRA- HAMANVOU
- Younoussa Hassani
- 1 juil. 2025
- 6 min de lecture

e village de Diboini se situe dans la sous région de Hamanvou et sur le plateau qui porte le même nom. Diboini fait partie de terres du clan Inya Fwambaya, dans l’île de Ngazidja. D'après certaines sources orales, la mère de la fondatrice du clan Inya Fwambaya aurait vu le jour tout près de Diboini, à Hamanvou Mdjini, la cité de Bedja Maharaz. Bedja Maharaz était le roi de Hamanvou et après avoir quitté Hadombwe ilezo ( actuel Hahaya), il s'installe à Hamanvou Mdjini où il croyait s'installer dans une forteresse imprenable d'où l'origine du mot Hamanvou signifiant " rareté" ou " comme la force" /Hunu Hama Nvuu. Mais dans le Hamanvou le roi ne trouva pas de prince pour sa fille Mayzane et décida de l'envoyer à Batsa pour la marier avec le roi de Mbadani et de cette union est née la reine Fe Ubaya dont le pouvoir regroupe les régions d'itsandra, Hamahamet, Wachili et Dimani.

Les Origines de Diboiniens :
Le village de Diboini s'est construit en deux temps et à deux lieux distincts. Les premiers habitants de l’ancien Diboini venaient de Hamanvou Mdjini, l' ancienne cité royale détruite par les guerres intestines du clan Inya Fwambaya. A l'origine Diboini était un faubourg de Hamanvou Mdjini. Aujourd'hui Hamanvou Mdjini a disparu .D'autres temps, autres croyances. En raison de la présence de Djinns dans leur lieu d'habitation, les habitants de Diboini sous les conseils d'un Mwalim(medium) se sont retrouvés dans l'obligation de changer d'endroit en fuyant les esprits maléfiques dont Ils se croyaient être environnés. Ils ont donc changé de lieu d'habitation une deuxième fois sans changer de nom cette fois-ci. C'étaient les gens du clan Wana karemwa qui furent les premiers à s'y installer.
Parmi les habitants qui ont fait la richesse de l'ancien Diboini, on compte Ahamada Hamadi
qui était originaire de Domoni Ladjuwu. Il était aussi le frère de Simbaba.
Hamadi était un homme très riche, ce qui suscita la jalousie du roi de Mboudé. Un complot fut alors organisé pour l’éliminer.
Pour échapper à cette menace, Hamadi, sa famille et ses amis quittèrent Domoni Ladjuwu et vinrent s’installer à Mdjoimbe, un quartier de Diboini, autrefois abandonné mais aujourd'hui en reconstruction avec l'essor démographique, sous l'appellation de quartier SANA.
C'est le roi de Ntsoudjini qui donna l’ordre à Hamadi de s’installer à Diboini suite à une délégation des habitants pour plaider auprès du roi la cause du nouvel ami du village.
Hamadi fut bien accueilli et très apprécié par le roi d'Itsandra, notamment grâce à sa richesse en bœufs et en chèvres. Mais Hamadi n' était pas en réalité sur une terre d'asile à Diboini puisque l'une de ses cousines Mariam Taoufik vivait déjà à Diboini, en tant qu'epouse d'un membre du clan Wana karemwa, fondateurs de l'ancien et du nouveau Diboini. L'origine du mot Wana Karemwa a une double version. Certains pensent qu'elle vient de HAMADI qui étant devenu l'ami proche du roi a fini par obtenir sa protection: on raconte que lors d'une réunion organisée à Dzahani la Tzidjé HAMADI de Diboini avait perdu son sang-froid en raison d'une grande fatigue et avait mal parlé à l'endroit du roi. Un homme dans l'assistance, outré par l'attitude de HAMADI se leva pour lui donner une correction mais le roi le stoppa et lui dit que ce HAMADI " Woyi Karemwa".
La deuxième version vient de l'époque coloniale quand les colons se sont accaparés de terres de Diboini et ont introduit le travail servile avec l'usage du fouet. Les gens de Wana karemwa dont l'un de patriarches dirigeait les travaux au bénéfice de colons avaient obtenu la dispense du fouet par l'entremise de leur représentant.
Au vu des richesses agricoles de Diboini, d'autres personnes sont venues rejoindre les Wana karemwa et s'installer à leur tour à Diboini et on y trouve également la présence des Inyavu Bwepvo (wa Zazini) et d'autres venues tardivement.
Une fois installé à Diboini, Hamadi avait eu une fille, et un jour, il dit au roi qu’il cherchait un mari pour elle.
Le roi ordonna qu’elle soit amenée au palais. Mais lorsqu’il la vit, il fût séduit par sa beauté et l’épousa.
De leur mariage, Ils eurent deux filles :
L’une fut mariée avec un homme de la famille royale à Kwambani Oichili, et l’autre fut mariée à Mbéni. C'est pourquoi la plupart des passerelles de Diboini appartenaient à Ahamada Mlahaili de kwambani et Ntsoudjini et les autres champs à la famille Mze Sharafa de Mbéni.
Un seul garçon partit à Mtsangadju Dimani pour se marier dans la famille du grand notable Mze Ismaila Aboudou.
Le nouveau Diboini a également connu une période de développement agricole et d'élevage sous l'impulsion d'Al Hadji MLANAOINDROU HAMADI qui était un grand propriétaire terrien avec le plus grand cheptel bovin et caprin de la région d'Itsandra-Hamanvou.
Diboini reste toujours au demeurant une terre agricole fertile et est devenu aujourd'hui avec l'avènement du CRDE Hamalengo le premier grenier de la Grande-Comores.
Époque Coloniale
Lors de la colonisation, les richesses de Hamadi furent accaparées par l'usurpateur Léon Humblot (Mshambulu).
En Grande Comores, ceux qui ne payaient pas les impôts (le "code") étaient envoyés à Diboini pour faire de l’élevage et pour le travail agricole.
Un certain MBambaouma du clan Wana karemwa était alors le chef des ouvriers employés par Humblot.
#Éducation Islamique :
Le premier professeur de l’école coranique fut Ahamada Athoumani, suivi par Mze Hamadi (père de MLANAOINDROU),Mze Adam, Ali Nouhou, Ahamada Nouhou . Pour les maîtresses, il s'agit de Mshe Zema (mère de Hassan Bamba) et de Mshe Shando, soeur d'Ali Kadwaziha et mère de Pawuni Chanfi.
Le Premier Hatub (prédicateur) de la prière de l’Aïd fut Cheikh Mohamed Ahamada d’Ousivo(père de Alhadhwir) marié à Diboini avec Mariam Djumbaba. Djumbaba, fils d'Azaima Mlomri est l'arrière petit fils de Zalia Madi, fille de Mariam Taoufik,précédemment citée. Il est aussi le grand-père de Soulé Assoumani.
Par la suite, d'autres lettrés en arabe comme Mze Ahamada Hamadi (père de Cheikh Ali) et Fundi Ali Nouhou (premier Hatub pour la prière du vendredi) ont pris la relève, épaulés par Said Ali Ngasi, Fundi Ahamada Nouhou et Ahamada Ali Mchangama
C'est Fundi Mwigni Toybou de Ntsudjini qui introduisit la prière du vendredi (Djoumwa) à Diboini. Avant celà, les gens se rendaient à Hahaya, Ousivo et Milepvani, les trois cités de Hamanvou où cette prière était célébrée.
Milepvani abritait de nombreux charifs originaires de Ntsudjini, Ousivo possédait de nombreux maîtres et étudiants en sciences islamiques et Hahaya également. Les premiers pèlerins :
Ce fut en 1954 avec le grand notable Hadji MLANAOINDROU Hamadi dont le père HAMADI Ali Sambafoumou fut l'un des premiers maîtres coraniques du village. Il a fallu attendre jusqu'en 1975 pour la première pèlerine du nom de Moinaecha Mzé, communément appelée Koko Moina.
INFRASTRUCTURES:
Les premières maisons en dur (nyumba bundo) :
1. La première maison en dur a été construite par Hadji MLANAOINDROU pour sa fille aînée qui s'appelle Riama(Chez Docteur Moussa). Cette maison porte le nom Barakani.
2. La deuxième c'est Chez Mama Sara, petite fille de Nouhou Ali Sambafoumou et fille d'Ali Youssouf Djimbaouma. Youssouf Djimbaouma fait partie des grandes personnalités du village, C'était un grand mwalim très connu dans toute la Grande-comores.
3. Et la troisième maison,Chez Soulé Assoumani.
À cette époque-là, les gens allaient à Hahaya chercher des coraux (swayi) et le sable, tandis que les jeunes (wanamdji) coupaient du bois au champ pour préparer de la chaux (ntsahaya).
Les premiers Voyageurs (Wamanga)
-Mzé Ahamada Madi dit Mungudja (oncle de MLANAOINDROU) est parti à Zanzibar, suivi de Toihir Ali frère de Nouhou Ali et Madi Ali ( père de Banzo)qui eux aussi sont les oncles de Mlanaoindrou. La plupart de premiers wamanga sont issus des Wana Karemwa. A Madagascar, il y'en avait une dizaine du clan Wana karemwa : Said Madi, Ali Madi dit Sabena, Mzé Ali Hamadi, Ahamada Madi koshi, Mzé et Soilih Madi etc...
Les autres sont Mze Ali Mlazahahe et Madi Aboudou, père de Fundi Saïd.
Certains sont revenus aux Comores lors du kafa la Mdjangaya en 1977.
Les Anciens Combattants de la Seconde Guerre mondiale sont Youssouffa Mchangama et Madi Ali Sambafoumou dit Mzé Koshi qui fut grièvement blessé au pied dans un entraînement militaire en France et obligé de porter des chaussures pour protéger sa blessure qui ne s'était jamais réellement refermée. D'où le surnom koshi.
Education Scolaire :
Les premiers scolarisés à l'école moderne sont les deux premiers enfants de Mlanaoindrou, Mohamed et Hassani. Hassani fut le premier instituteur, puis le premier commerçant. C'était l'enfant Chéri de Hamanvou au point que la région avait obligé qu'il soit son représentant à l'assemblée avec la promesse qu'elle n'autorise aucune autre candidature en compétition. C'est ainsi qu'il était seul en lisse et élu sous le régime du feu Mohamed TAKI sans aucun candidat adverse.
Les Premiers Bacheliers étaient Boina MLANAOINDROU suivi par Boina Mtrengweni et Djumwa Bacari et la première bachelière Moinaecha Hassani MLANAOINDROU.
Le premier écrivain Younoussa Hassani Assoumani.
Diboini possède aujourd'hui de très nombreux diplômés en littérature arabe et en sciences islamiques mais aussi des jeunes ingénieurs et médecins.
Chef du village Soulé Assoumani
#Rédigé par : Abdallah Mkouboi wa Ali Boina Mkuwu wa Mohamed wa Mfawume Madjouwani wa Simay wa Trambwe Mlanao.



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