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Le chemin difficile du vivre ensemble.

Par Mohamed Issihaka, médiateur culturel
Par Mohamed Issihaka, médiateur culturel

Chaque jour, nous partageons les mêmes espaces, les mêmes heures, les mêmes obligations.

Des visages venus d’ailleurs,

des cultures multiples,

des langues, des croyances,

des religions différentes.

Et même lorsque la foi est la même,

les chemins divergent,

les interprétations s’opposent,

les points de vue s’éloignent.

Pourtant, la vie nous oblige à avancer ensemble.

Les mots ne se ressemblent pas,

les slogans diffèrent,

les blagues parfois blessent,

et le désir de se rapprocher ne s’exprime jamais de la même façon.

L’incompréhension s’installe,

la méfiance grandit,

la rupture menace.

Cette tension silencieuse

finit par atteindre le travail,

les relations professionnelles,

les gestes du quotidien.

Dans le monde professionnel,

les visages se croisent,

les différences s’observent.

Il arrive parfois que l’on rencontre des êtres dont la douceur, la pudeur, la manière d’être nous touchent profondément.

Alors, sans le vouloir,

nous les idéalisons, nous les appelons des anges, pour leur beauté,

leur timidité,

leur façon de se comporter.

Mais l’homme reste un homme.

Et l’humain, un humain.

Le monde pourrait-il exister

sans l’erreur ?

L’erreur est humaine,

au-delà des lois,

au-delà des chartes

qui nous régissent.

Dans un monde comme le nôtre,

dominé par la technologie,

un monde qui a besoin de chacun,

la séparation est-elle indispensable ?

Faut-il se diviser

pour mieux avancer ?

La beauté de ce bas monde

réside dans la mixité,

dans l’échange,

le dialogue,

l’apprentissage.

Se pardonner,

se réconcilier,

malgré les cicatrices,

en se rappelant le savoir-vivre,

voilà, peut-être,

l’issue la plus juste.

Alors oui,

le rôle de chacun de nous est essentiel,

même si le chemin est difficile.

Réconcilier sans juger,

rétablir le dialogue,

rendre à chacun son estime,

sa place, sa dignité.

Car aucune culture

n’est obligée de ressembler à une autre.

Aucune coutume

n’a vocation à s’imposer.

Vivre dans un pays de mixité,

c’est accepter la pluralité,

dans un pays où la liberté d’expression est protégée,

où femmes et hommes se croisent,

se parlent, travaillent ensemble.

Cela exige d’apprendre les lois,

de respecter les règles communes,

de comprendre la charte qui unit les uns aux autres.

Non pour se renier,

mais pour trouver la paix intérieure,

et préserver la dignité de chacun.

Respecter les différences,

adopter les bonnes manières,

garder les justes attitudes,

rester professionnel,

voilà les chemins possibles

pour mieux vivre ensemble.

Vivre ensemble

n’est pas s’effacer,

c’est apprendre à se tenir debout,

à côté de l’autre.

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