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« J’en appelle aux étudiants à l’étranger : unissons-nous pour guider ceux qui arrivent »

Dernière mise à jour : 25 août 2025


Dans un monde de plus en plus globalisé, les jeunes Comoriens nourrissent des ambitions grandissantes d’étudier à l’étranger pour s’ouvrir à de nouvelles opportunités, acquérir des compétences et contribuer au développement de leur pays. Cependant, cette quête d’éducation internationale s’accompagne de nombreux défis : éloignement familial, choc culturel, difficulté d’orientation académique, et parfois même isolement. Ces obstacles, s’ils ne sont pas accompagnés d’un soutien adéquat, peuvent freiner la réussite et l’épanouissement de ces étudiants, pourtant porteurs d’un grand potentiel.


Aujourd’hui, plus que jamais, il est crucial de réfléchir à la manière dont la diaspora comorienne peut jouer un rôle actif dans l’accompagnement des nouveaux arrivants. Il ne s’agit pas seulement d’un enjeu individuel, mais d’un défi collectif : comment transformer cette expérience de mobilité en un véritable tremplin pour toute une génération ? C’est dans cet esprit d’entraide et de responsabilité que s’inscrit l’appel lancé aux étudiants comoriens déjà installés à l’étranger, pour qu’ils deviennent des guides et des piliers pour ceux qui s’apprêtent à franchir ce cap décisif.


Par Saifillah Mlanaoindrou




riginaire de Diboini, j’ai moi aussi quitté les Comores en 2020, animé par un rêve simple : poursuivre mes études en France et construire un avenir meilleur. Mais rapidement, j’ai découvcouvert que le plus difficile n‘était pas de s’installer, ni même de s’intégrer. Le plus difficile, c’était de s’orienter.



Aux Comores, les possibilités sont limitées. Les choix sont restreints, ce qui rend les décisions plus simples. Mais une fois en France, tout change. Les filières se multiplient, les écoles aussi. Et avec cette abondance viennent les doutes : Est-ce que je reste sur mon idée de départ ? Ou est-ce que je me réinvente ?



J’ai d’abord suivi des études en énergie, et j’ai obtenu ma licence. Mais une voix intérieure me disait que je n’étais pas à ma place. Grâce à l’écoute et aux conseils de personnes bienveillantes, j’ai fini par m’orienter vers un domaine qui me correspond davantage. Aujourd’hui, je suis en fin d’études dans le data analytique, un secteur où je m’épanouis pleinement.


Mais cet équilibre, je ne l’aurais jamais trouvé seul. Il s’est construit grâce aux autres. Grâce à celles et ceux qui m’ont écouté, qui m’ont guidé, et qui ont partagé avec moi leurs parcours.


C’est pourquoi je ressens aujourd’hui le besoin de lancer un appel. Un appel sincère, profond, et urgent.


À tous les étudiants comoriens déjà installés à l’étranger — que vous soyez en France, au Maroc, en Tunisie ou ailleurs : souvenez-vous de vos débuts. Souvenez-vous de cette solit tude, de cette confusion, de ces hésitations face à tant de choix.

Et surtout, imaginez combien un échange, un message ou un simple appel aurait pu vous éviter des erreurs, ou vous faire gagner du temps.


Oui, les familles soutiennent financièrement. Mais cela ne suffit pas. Ce qu’il manque, c’est un accompagnement humain, concret et bienveillant.

Une mauvaise orientation ne coûte pas seulement du temps. Elle peut coûter un rêve.


Trop de jeunes s’inscrivent dans des filières par défaut, sans vraie conviction. D’autres abandonnent, non pas par faiblesse, mais parce qu’ils n’ont pas été orientés, ni écoutés.

Ce silence, ce vide autour d’eux, brise parfois plus qu’un parcours : il brise une vocation.


Avec des amis avec qui j’ai étudié aux Comores, nous avons donc décidé d’agir.

Nous travaillons sur un projet de plateforme digitale, un site internet destiné à connecter les étudiants comoriens encore au pays avec ceux qui sont déjà à l’étranger.

Le principe est simple : créer un espace d’échange, d’écoute et d’orientation.

Un élève qui part au Maroc pourra, avant même de voyager, échanger avec un étudiant déjà sur place. Il pourra poser toutes ses questions : Comment se passe la vie là-bas ? Quelle école choisir ? Quels papiers prévoir ? À quoi faut-il faire attention ?


Et ce projet n’est qu’un début.

Notre ambition est qu’il devienne un véritable centre de ressources pour tous les jeunes comoriens à l’international : témoignages, conseils pratiques, guides d’installation, discussions entre étudiants. Une plateforme vivante, humaine, où chacun peut contribuer et recevoir. Une communauté qui rassure, qui oriente, qui élève.


Ce projet n’est pas le mien. Il est le nôtre. Il appartient à tous ceux qui veulent voir les générations futures mieux préparées, plus confiantes, mieux guidées.


Alors à vous, étudiants comoriens de la diaspora : nous avons une responsabilité. Celle d’être les repères que nous aurions aimé avoir.

Soyons des exemples, des relais, des sources de confiance.

Partageons nos erreurs comme nos réussites. Soyons le pont entre les rêves d’hier et les réalités de demain.

Ensemble, construisons une jeunesse forte, consciente et engagée.


Car ce combat ne commence pas à l’aéroport, et ne s’arrête pas au diplôme.

Il commence dans nos cœurs, dans notre conscience collective.

Et il s’écrit ensemble.


« Un jour, tu seras la personne que tu aurais aimé rencontrer. »


Alors soyons cette personne, dès aujourd’hui.

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