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L’orgueil n’a pas sa place dans notre société« Hari heni ya djihomba tsodjipva sukari », disait l’auteur.

Ni aujourd’hui ni demain, nous n’avons besoin de l’orgueil. Vous pouvez posséder toutes les compétences du monde, être la personne la plus diplômée ou appartenir à une grande famille (nasaba) ; cela n’aura aucune valeur si l’orgueil habite votre cœur. À nos yeux, l’humilité reste une qualité essentielle.

Ben Abdallah Kamar-Eddine

Directeur de l’Agence Comorienne pour la Promotion Culturelle, comédien  et conteur 


Dans une société, chaque individu mérite le respect, la considération et la reconnaissance de sa dignité. Je le dis avec conviction : quelles que soient les circonstances et quelle que soit l’époque, ce principe doit demeurer une priorité.

Cependant, j’aimerais être plus précis. Aux Comores, aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement d’orgueil. Nous sommes arrivés à un niveau qui dépasse largement les limites du raisonnable. Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que je ne suis ni pour ni contre qui que ce soit. Je m’efforce de conserver la plus grande neutralité possible et j’assume pleinement mes propos.

J’invite chacun à cesser de se considérer comme le « wakairi » de tous, comme s’il détenait seul la vérité ou la supériorité. Apprenons plutôt à faire preuve d’humilité. Certaines attitudes poussent malheureusement d’autres personnes à profiter des situations pour tout mélanger et alimenter les divisions.

Ces derniers temps, plusieurs faits m’interpellent. Certaines personnes dépassent les limites de l’acceptable. Et lorsque d’autres commettent des erreurs, au lieu de rappeler chacun à ses responsabilités, certains cherchent à en profiter pour régler leurs comptes personnels. Cette situation me pousse à me poser une question fondamentale : qui a réellement tort et qui a réellement raison ?

Plus inquiétant encore, lorsqu’un membre de notre société est accusé ou critiqué, certains préfèrent fabriquer des mensonges et diffuser des informations trompeuses plutôt que de rester exemplaires et honnêtes. Nous assistons à une multiplication des manipulations qui finit par semer la confusion dans les esprits.

Aujourd’hui, je me retrouve face à l’un des plus grands dilemmes de ma vie. En observant de plus près ceux que nous considérions autrefois comme des modèles de sagesse, des intellectuels ou des références morales, je constate avec tristesse que beaucoup commencent à nous décevoir. Il est temps que cela cesse.J’éprouve une profonde inquiétude pour l’état actuel de notre société, car personne n’est à l’abri de ces dérives. Selon ma modeste analyse, chacun doit apprendre à se respecter lui-même avant de prétendre donner des leçons aux autres. Il ne faut jamais se croire supérieur et il est indispensable de savoir distinguer le bien du mal sans tout confondre.

À mes yeux, cette situation est aussi la conséquence du silence de ceux qui sont incapables de reconnaître leurs erreurs ou de faire clairement la différence entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas.

Mais rien n’est irréversible. Redressons notre société par nous-mêmes. Restons dignes, honnêtes et responsables. Choisissons la voie de la paix, du respect mutuel, de la solidarité et du vivre-ensemble.

Pour finir, notre société souffre également d’un véritable déficit de justice. Beaucoup de citoyens ont le sentiment que l’équité n’est pas toujours au rendez-vous. La question demeure donc entière : à quand le remède ?

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