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À DZAHADJU UN HOMMAGE À FUNDI ALI MOUMINI AU-DELÀ DU CADRE FAMILIAL

Le 25 juillet 2026, Dzahadju, dans la région de Oichili, a accueilli une foule nombreuse à l’occasion du grand mariage de Fundi Ali Moumini Mbae et d’Abkaria Djae Mbae, tous deux originaires de la localité. Au-delà de la célébration familiale, la cérémonie s’est transformée en un hommage au parcours de Fundi Ali Moumini et à son engagement en faveur de l’éducation, de la transmission du savoir et de la communauté.

Venues de plusieurs régions de Ngazidja , de nombreuses délégations ont pris part au madjlis. Cadis, oulémas, universitaires, grands notables, cadres et personnalités politiques étaient présents pour saluer un parcours marqué, selon les différents témoignages, par plusieurs décennies consacrées à l’enseignement et à la vie communautaire.


Des distinctions pour saluer un parcours

Après la Fatha, plusieurs responsables et représentants de villages ont remis à Fundi Ali Moumini des attestations de mérite en reconnaissance de son engagement au service de l’île de Ngazidja et, plus largement, des Comores.

Les interventions ont retracé son itinéraire, depuis son apprentissage dans les madrasat jusqu’à son rôle d’enseignant et de transmetteur de connaissances dans plusieurs localités de l’archipel.

De Dzahadju à Kwambani, en passant notamment par Irohe et Dibwani , les témoignages ont insisté sur son investissement dans l’éducation, mais aussi sur les qualités humaines qui lui sont reconnues par les communautés qu’il a côtoyées.


À Dibwani, l’éducation au cœur de son action

Dibwani occupe une place particulière dans ce parcours. Les témoignages recueillis lors de la cérémonie ont rappelé l’importance que le village accordait déjà à l’apprentissage religieux et à l’éducation des enfants. Des oulémas venus de différentes localités s’y rendaient régulièrement pour transmettre leur savoir.

L’arrivée de Fundi Ali Moumini aurait donné un nouvel élan à cette dynamique. Il a mobilisé les habitants, jeunes et adultes, autour de l’apprentissage du Coran et des hadiths, tout en participant activement à la construction de la madrasat du village. Son soutien aurait été à la fois physique, moral et financier, contribuant ainsi à alléger la charge supportée par les habitants.

Son action s’est également étendue à l’enseignement supérieur. Plusieurs jeunes de Dibwani ont pu poursuivre leurs études à l’étranger, notamment à l’université Al-Azhar, en Égypte. D’autres se sont orientés vers des universités anglophones ou ont achevé leur cursus en Arabie saoudite, dans des disciplines telles que le droit et les lettres.

Cette ouverture vers les études supérieures est aujourd’hui présentée par les intervenants comme l’un des moteurs de l’évolution du village, qui compte désormais de nombreux diplômés, titulaires de licences, de masters et de doctorats.

De l’enseignement à la cohésion sociale

La cérémonie a aussi permis d’évoquer une autre dimension du parcours de Fundi Ali Moumini. L’un de ses anciens élèves, chargé d’en présenter la biographie, a rappelé que son engagement ne s’était pas limité à l’enseignement religieux.

Il aurait également œuvré en faveur de la paix, de la fraternité et de la cohésion sociale dans la région de Oichili. Son passage à la présidence du sport dans la région a notamment été cité comme une période durant laquelle il aurait contribué au rapprochement entre les communautés.

Les différents témoignages ont ainsi dessiné le portrait d’un homme engagé sur plusieurs fronts : l’éducation, la jeunesse, la transmission du savoir et le renforcement des liens communautaires.


L’héritage d’une lignée

Le mot de remerciement a été prononcé par Ibouroi Cheikha, grand notable de Ngazidja , en présence notamment d’Ahamada Mohamed Mboreha et d’Ismail Abdou, également grands notables.

Pour Ibouroi Cheikha, l’ampleur de la mobilisation à Dzahadju n’avait rien de surprenant. Il a inscrit le parcours de Fundi Ali Moumini dans celui d’une lignée ancienne, liée à plusieurs régions de Ngazidja .

Il a notamment évoqué Mwamba Mlomri, présenté comme l’un de ses ancêtres, originaire de Samba Mbodoni, dans l’Itsandra. Selon son récit, cette lignée aurait participé à l’implantation et au développement de plusieurs villages de Washili et compte aujourd’hui de nombreux cadres, universitaires et personnalités reconnues aux Comores.

Le notable a également cité Mchinda Ma Dipe, issue de cette même lignée, à laquelle il attribue une contribution à l’évolution économique et sociale de la région. À travers ce rappel historique, Ibouroi Cheikha a voulu replacer l’itinéraire de Fundi Ali Moumini dans un héritage familial et culturel plus large.

« Le Coran est une dignité »

Dans son intervention, le Dr Bacha a insisté sur la place du Coran dans le parcours de Fundi Ali Moumini. Consacrer sa vie à son apprentissage et à sa transmission constitue, selon lui, une responsabilité autant qu’une dignité.

Évoquant l’expression comorienne « Omswahafu korihwa », il a souligné que l’héritage du Coran ne se mesure pas en biens matériels, mais dans le savoir reçu et transmis.

Pour illustrer cet engagement, le Dr Bacha a rappelé les déplacements qu’effectuait autrefois Fundi Ali Moumini à pied entre Dzahadju et Dibwani, dans le Hamanvu, afin d’y dispenser son enseignement, à une époque où il ne disposait pas de véhicule.

Un exemple qui témoigne des conditions dans lesquelles des générations d’enseignants religieux ont assuré la transmission du savoir à travers les villages comoriens.


Un hommage qui dépasse le cadre familial

Au fil des interventions, la célébration du grand mariage a ainsi pris une dimension plus large. Elle est devenue un moment de reconnaissance envers un homme dont le parcours est associé à l’enseignement du Coran, à la formation de la jeunesse, à la cohésion sociale et au service de la communauté.

À Dzahadju, plusieurs générations, responsables religieux, notables, cadres et représentants de villages ont ainsi fait du 25 juillet une journée de mémoire et de transmission.

Au-delà de la fête familiale, le rassemblement aura surtout témoigné de l’empreinte que Fundi Ali Moumini Mbae a laissée, selon ceux qui l’ont côtoyé, dans plusieurs communautés de Ngazidja


Mohamed Issihaka

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