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HOMMAGEÀ MONSIEUR AHAMADA MOHAMED ALI KARI AU COLLÈGE ROMAIN ROLLAND DE VITRY-SUR-SEINE

Le 25 juin 2026, le collège Romain Rolland de Vitry-sur-Seine a rendu un vibrant hommage à l’un de ses enseignants, Monsieur Ahamada Mohamed Ali Kari, disparu le 15 février 2026 à Paris. Originaire de Bibavou Hamanvou, dans la région de Hamanvou (Grande Comore), il avait été inhumé dans son village natal le 22 février 2026. Par Mohamed Issihaka

Cette cérémonie de recueillement a rassemblé le principal de l’établissement, les enseignants et les membres du personnel du collège, ainsi que de nombreux élèves, anciens élèves, étudiants, membres de sa famille et représentants de la communauté comorienne, venus saluer la mémoire d’un homme dont l’engagement a marqué tous ceux qui l’ont côtoyé.

Dans son allocution, le principal du collège a salué la mémoire d’un enseignant exemplaire, rappelant sa rigueur, son professionnalisme et sa passion pour la transmission du savoir. Plusieurs de ses collègues ont ensuite pris la parole pour évoquer son humilité, sa bienveillance, son sens des responsabilités et les qualités humaines qui faisaient de lui un collègue unanimement apprécié. Tous ont également tenu à rendre hommage à son épouse, Madame Nadjat Ahamada, dont le soutien constant, la discrétion et le dévouement ont été salués avec émotion.

Avant l’intervention de son frère, connu sous le prénom de Mboreha, Monsieur Salim Maabadi, membre du personnel du collège et originaire de Dembeni, dans la région de Mbadjini (Grande Comore), a pris la parole. Il a exprimé sa profonde reconnaissance envers Madame Nadjat Ahamada pour son accompagnement indéfectible auprès de son époux tout au long de sa vie.

Évoquant les liens qu’il entretenait avec le défunt, il a souligné le respect et l’estime que celui-ci inspirait à l’ensemble du personnel de l’établissement. Selon lui, Ahamada Mohamed Ali Kari ne vivait pas uniquement pour son métier et sa famille. Il nourrissait également un attachement profond à son village natal et portait plusieurs projets de développement, parmi lesquels l’achèvement de la construction de la grande mosquée de Bibavou, une œuvre qui lui tenait particulièrement à cœur.

Profitant de cette tribune, Salim Maabadi a lancé un appel à la communauté comorienne. Il a rappelé que, quelle que soit la fonction que chacun occupe, il représente non seulement sa propre personne, mais aussi son pays, sa famille et son village d’origine. Il a ainsi invité chacun à faire preuve d’exemplarité, de compétence et de responsabilité, à l’image de l’héritage laissé par Ahamada Mohamed Ali Kari au sein de son établissement. Très ému, son frère Mboreha a ensuite pris la parole pour remercier chaleureusement le principal, les enseignants et l’ensemble du personnel du collège pour cette initiative empreinte de respect et de reconnaissance.

Dans un témoignage particulièrement poignant, il a rappelé le rôle déterminant qu’avait joué son frère aîné dans le parcours de toute la famille. Alors qu’il poursuivait ses études, Ahamada Mohamed Ali Kari travaillait afin de financer l’achat des fournitures scolaires de ses frères et sœurs. Il apportait également un soutien financier à son frère qui poursuivait des études en Libye, aujourd’hui directeur de l’Enseignement supérieur aux Comores.

Lorsque Mboreha était étudiant à Madagascar, son frère suivait attentivement son parcours et veillait à ce que rien ne compromette sa réussite. Installé à Paris, Ahamada Mohamed Ali Kari consacrait une grande partie des revenus de son travail au financement des études de ses frères et sœurs, convaincu que l’éducation constituait le meilleur héritage qu’il pouvait leur transmettre. Grâce à cette vision et à cet engagement sans faille, la famille est aujourd’hui devenue une référence à Bibavou Hamanvou et dans l’ensemble de la région de Hamanvou. Elle compte désormais des ingénieurs, des enseignants, des cadres et de nombreux autres professionnels, fruits des sacrifices consentis par leur aîné.

Mboreha a également rappelé l’excellence scolaire de son frère. En 1985, Ahamada Mohamed Ali Kari fut le premier bachelier de son village, mais aussi le premier de tous les villages compris entre Mbangani et Diboini, dans la région de Hamanvou, ouvrant ainsi la voie à toute une génération de jeunes. Au-delà de ses qualités d’enseignant, il était aussi un fervent défenseur de la culture comorienne et de la jeunesse. Auteur et compositeur, il a écrit plusieurs chansons engagées, notamment contre l’apartheid, le racisme et toutes les formes de discrimination. Certaines de ses œuvres demeurent encore aujourd’hui dans la mémoire collective. Musicien passionné, il jouait également de la guitare avec talent.

En conclusion de son intervention, Mboreha a renouvelé ses sincères remerciements à Madame Nadjat Ahamada pour l’amour, la patience et le soutien sans faille qu’elle a apportés à son époux durant toute leur vie commune. Il a également rappelé qu’après le décès de leur père, Ahamada Mohamed Ali Kari avait assumé les responsabilités familiales avec courage, tout en continuant à œuvrer pour le développement de son village natal et le bien-être de ses proches. Avant la clôture de la cérémonie, une ancienne élève, aujourd’hui étudiante en Master 2, a livré un témoignage émouvant sur l’empreinte laissée par son ancien professeur. Elle a salué son professionnalisme, son sens de l’écoute, son exigence bienveillante et le rôle déterminant qu’il avait joué dans le parcours de nombreux élèves.

Cette cérémonie d’hommage restera comme un moment de profonde émotion et de reconnaissance envers un homme qui a consacré son existence à l’éducation, à sa famille, à son village et à la transmission des valeurs humaines. Par son parcours, son engagement et son sens du devoir, Ahamada Mohamed Ali Kari laisse le souvenir d’un homme d’exception dont l’héritage continuera d’inspirer les générations futures. Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde, illumine sa tombe et l’accueille dans Son vaste Paradis. Âmîn



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